LA RESURRECTION DE JESUS ET LA GRÂCE
Marc 16.1-18
Ce chapitre nous montre Jésus en résurrection, comme le font Matthieu 28, Luc 24 et Jean 20, 21, mais il a, comme tout cet évangile, ses traits particuliers.
La descente de l'ange pour rouler la pierre, mettant la sentence de mort sur les gardiens du sépulcre, est particulière à Matthieu […]
Nous avons cependant les paroles du même ange aux femmes qui étaient venues au sépulcre, car il y avait là une expression de grâce, et c'était là un sujet approprié pour notre évangéliste. Le groupe de femmes reçoit de l'ange le message tel qu'il est aussi rapporté dans Matthieu, mais avec cette différence que Pierre est expressément nommé : « Allez, dites à ses disciples et à Pierre : Il s’en va devant vous en Galilée : là vous le verrez ». Les mots « et à Pierre » sont ajoutés en Marc, et cela était en complet accord avec la grâce pleine d'égards et de compassion de cet évangile ; car Pierre pouvait bien avoir besoin à ce moment de cette bonté spéciale et attentive. Il s'était signalé lui-même bien tristement au milieu de ses frères, et son Seigneur maintenant le signale en grâce au milieu de ces mêmes frères […]
Nous avons ici quelques données générales sur les visites que le Seigneur ressuscité fit à ses disciples ; et pareillement aussi sur leur lenteur de cœur à croire à la résurrection. Et ici, laissez-moi vous demander : est-ce que cette lenteur de cœur nous surprend ? Elle ne saurait le faire. Sans doute nous pouvons nous éprouver nous-mêmes et dire : « Pourquoi parmi nous juge-t-on incroyable que Dieu ressuscite des morts ? » (Actes 26.8). Mais, par nature, nous n'avons pas la connaissance de Dieu, comme l'apôtre le dit parlant de ce même sujet (1 Corinthiens 15.34). « Ÿ a-t-il quelque chose de trop difficile pour Dieu ? » Non, mais nos cœurs sont endurcis. Précédemment les apôtres n'avaient pas prêté attention au miracle des pains et des morceaux qui étaient de reste, précisément parce que leurs cœurs étaient endurcis » (Marc 6.52) et ici encore c’est leur dureté de cœur qui explique leur incrédulité. Par nature nos pensées ne peuvent saisir ni son pouvoir ni sa grâce. Nous sommes tous égarés. Nous ne sommes disposés à recevoir aucune bonne nouvelle de la part de Dieu. La résurrection de Jésus, plein fruit de la grâce divine, est publiée et répandue, mais elle n’est pas crue, précisément parce que nos cœurs sont endurcis. La chair peut être souillée, comme elle l’est réellement, vicieuse et violente ; mais, avec tout cela, rien ne lui donne autant sa véritable place et son caractère de révolte ouverte, que le fait qu’elle refuse le message de grâce et de salut que Dieu envoie. Et l’un des fruits probants et doux d’un esprit renouvelé est la faculté de se tourner, libre et content, vers le Dieu bienheureux, en voyant sa gloire dans la face de Jésus. L'âme qui s’est détournée des ténèbres, de l’endurcissement et des égarements de la nature, rend hommage à Dieu. Et c’est la vie éternelle en nous.
Le Seigneur ressuscité doit ici, en Marc comme dans tous les autres évangiles, reprocher cette incrédulité aux apôtres. Mais il la dissipe aussi bien qu'il la reprend, la pardonnant en passant, et scelle même ce pardon par un témoignage d’une insigne dignité, puisqu'il introduit les apôtres dans le ministère, leur commettant l’honneur et la puissance de son nom en face de toute la création.
J.G. BELLETT

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