APRES LA PENTECÔTE, la marche du croyant pentecôtiste

 

APRES LA PENTECÔTE

 

La marche du croyant pentecôtiste

 

Tous les écrits du Nouveau Testament sont adressés aux chrétiens après la Pentecôte. Cela veut dire que leurs destinataires étaient des croyants qui avaient fait une expérience bien déterminée du Saint-Esprit, dans la vie et le service, expérience comparable en gros à ce qui avait été reçu « au commencement » (Actes 11.15). On considérait qu’une expérience essentielle faisait défaut à tout converti qui n’avait pas reçu l’Esprit et on prenait immédiatement des mesures pour y remédier (Actes 8.15; 18.26; 19.2). Les croyants pouvaient se référer à leur participation personnelle à la bénédiction de la Pentecôte comme étant le point central et inoubliable de leur vie chrétienne. Cela constituait la base de leurs exhortations et de leurs discussions (Galates 3.2, 5, 14; Ephésiens 1.13, 4.30).  Une bonne compréhension de cette vérité contribuera à clarifier notre conception du christianisme original. De prime abord, cette expérience ne les a pas rendus parfaits. Les épîtres sont remplies d’exhortations à la sainteté et d’avertissements contre le péché. On pourrait affirmer que la sanctification est le thème suprême des lettres que les apôtres ont adressées aux Eglises. La gloire de Christ et son grand salut sont exposés pour démontrer qu’ils suffisent pour permettre au chrétien de vivre une vie de victoire sur les tentations du monde, de la chair et du diable.  

Cet ensemble impressionnant d'enseignements laisse entendre que les croyants qui avaient reçu le Saint-Esprit dans sa plénitude avaient encore besoin d’une telle doctrine. Il n’y avait aucune règle automatique selon laquelle, une fois qu'ils avaient bien commencé, ils étaient certains de bien continuer. L’opposé était vrai; leur progrès dépendait d’une appropriation constante de la grâce et de la puissance sanctifiantes, par un renouvellement continuel de la plénitude de l’Esprit et une obéissance fidèle à la Parole.  

Il faudrait aussi noter que l'introduction dans le royaume du surnaturel et du divin, grâce au baptême du Saint-Esprit avec les signes qui suivent, ne signifiait pas qu'après cela la vie entière du croyant devait être vécue à un niveau si surnaturel qu’il ne ressemblait plus aux autres hommes. Loin de là. L’histoire de Paul, qui fut béni de façon remarquable dans son service et son ministère apostoliques et reçut les dons miraculeux du Saint-Esprit, est riche en détails humains émouvants. À un degré suprême, il a souffert la faim et la soif, la nudité et le péril, les luttes extérieures et les craintes intérieures. Quand il fit naufrage, il dut nager jusqu'au rivage avec les autres; quand il frissonna de froid, il put de ses propres mains aider à ramasser des brindilles de bois sec afin d’alimenter le feu; quand il se trouva en prison, il pria Timothée de lui apporter son manteau.  

Leur manque de conformité aux affections du monde, plutôt que leur délivrance surnaturelle des lois de la nature, marquait le témoignage et la vie quotidienne des chrétiens. Les « signes puissants et les miracles par la puissance de l'Esprit de Dieu » de ces premiers missionnaires pentecôtistes étaient équilibrés par la demande instante des prières de leurs amis, afin qu'ils soient délivrés de leurs ennemis.  

Beaucoup se rendent moins compte du simple fait qu'après les premières expériences de la Pentecôte, les choses ont dû trouver leur saint équilibre dans une marche dans l’Esprit journalière. Ces premiers chrétiens durent apprendre l’art de la marche pentecôtiste — la marche dans l'Esprit! Aux grandes crises de la vie spirituelle, correspondra un émoi saint et approprié. Il est manifestement impossible de vivre en passant d’une crise à l’autre. Beaucoup trop de chrétiens s’efforcent et se fatiguent à entretenir les sensations particulières qui sont inséparablement liées à la nouveauté, longtemps après la disparition de cette dernière. Ceci ne constitue pas un véritable réveil. L'ensemble du Nouveau Testament a été écrit pour des chrétiens qui auraient besoin de se fortifier pour répondre à l’appel de la route qui constituerait le reste de leur vie sur terre, qu’elle dût être longue ou courte. La marche par la foi, et non par la vue, était leur méthode ordinaire. Ils sont devenus, par la gloire du baptême de la Pentecôte, des temples du Dieu vivant. Dieu lui-même habitait en eux et marchait en eux. En résumé, la vie chrétienne après la Pentecôte, c’est « développer jusqu’à son terme la sainteté dans la crainte de Dieu » (2 Corinthiens 7.1).  

Pour beaucoup d’entre nous, l’enthousiasme particulier des premières années de l'actuel mouvement de Pentecôte ne peut que devenir un souvenir sacré. Que personne ne déprécie le saint sentiment qu’il provoque. Pour beaucoup de ceux qui ont reçu le Saint-Esprit dans les années qui ont suivi, leur Pentecôte personnelle est devenue comme enchâssée dans un précieux souvenir. Tôt ou tard, une expérience analogue va arriver au dernier croyant qui aura reçu la promesse du Père. Il n’y a aucune raison de se troubler à ce sujet; il n’y a rien à regretter,  rien à repousser. Le seul danger consiste à vivre dans le passé. Nous sommes toujours appelés à vivre dans le présent avec Dieu, à demeurer. L'étape qui suit la bénédiction de Pentecôte est la marche dans l’Esprit. Ce n’est pas la lueur déclinante venant d’une heure de gloire passée; c’est un sentier « dont l'éclat va croissant jusqu’en plein jour» (Proverbes 4.18).

 

Donald GEE  

 

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