LES DONS-MINISTERES

  

LES DONS-MINISTERES

 

Le donateur et ses dons 

 

En une certaine occasion, je devais prêcher dans une ville de l'Ouest canadien, à l’occasion d’une conférence; alors que le train traversait le large fleuve qui séparait la ville en deux, je fus frappé par l’aspect boueux et en général peu engageant de ses eaux. Plus tard dans la journée, au moment de boire un verre d’eau, je demandai avec quelque appréhension si toute l’eau provenait du fleuve! On m’assura qu’elle en venait en effet, mais qu’il n’y avait rien à craindre, parce que toute l’eau potable était puisée à des kilomètres en amont, bien avant que la pollution urbaine ne l’ait contaminée.  

C’est exactement ce que presque chaque vrai réveil a cherché à faire pour l’Eglise, à retourner 1à où coule l’eau pure et vivante de la Parole de Dieu, en provenance des collines du Nouveau Testament, avant que les nombreuses inventions de l’homme ne l’aient polluée par leurs systèmes théologiques et leurs croyances.  C’est dans Ephésiens 4 que se trouve le passage-clé; nous chercherons d’abord la source de tout vrai ministère. « Il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs » (v.11).  

« Il a donné ». Ces ministères viennent directement de la main du Christ exalté et glorifié, assis à la droite du Père dans les cieux (v.8). Il les a établis pour répondre au continuel besoin d’aide dans son Eglise. Dès le départ, cela sous-entend beaucoup de choses. S’« il a donné », aucun ministère divinement conféré ne peut exister sans son don, cela est incontestable. La souveraineté divine quant à la place qui nous est attribuée dans le corps de Christ en général, et en particulier dans le ministère, est présentée avec une telle insistance qu'aucun doute ne subsiste à ce sujet. Les dons de l'Esprit sont donnés « comme il veut » (1 Corinthiens 12.11): Dieu établit dans l'Eglise les ministères qui en résultent (v.28); Christ donne les hommes qui les manifestent (Ephésiens 4.11).  

Une des choses les plus remarquables que nous rencontrons au seuil même de l’étude des dons de Christ pour le ministère, c’est leur variété.  

Il est vrai que l’apôtre, le premier de la liste, semble englober presque chaque type de ministère; cependant, il y a les prophètes, dont le ministère inspire et fait appel aux éléments affectifs de la nature humaine; pour les équilibrer, il y a les enseignants dont le ministère est logique et fait appel aux facultés intellectuelles. Il y a les évangélistes dont le ministère s’exercera presque exclusivement en dehors de l'Eglise, puis les pasteurs, dont le ministère s’exercera presque exclusivement dans l'Eglise — tous les deux étant nécessaires et honorables. 

Cet équilibre est d’une grande importance pour un ministère extérieur efficace et agressif, et pour une croissance intérieure harmonieuse; il est bien plus important que la plupart des croyants ne le perçoivent. La vision de nombreuses assemblées se limite à celle du ministère d’un seul homme, duquel on attend qu’il réponde à tous les besoins: évangélisation, pastorat, enseignement, prophétie. On attend d'un seul homme qu’il soit un évangéliste accompli, un bon organisateur, un visiteur pastoral, un enseignant compétent avec, en plus, des dons de guérison et de prophétie. Ce qui est remarquable, c’est que, dans une certaine mesure, tellement d’hommes semblent s'approcher de ces prétentions exorbitantes et non bibliques. D’habitude, cela constitue une tension épouvantable et terrible pour eux; cela peut facilement les empêcher d’atteindre une compétence de premier ordre dans le ministère que Dieu leur a vraiment donné. 

D’autres assemblées ne paraissent voir qu’un seul aspect du ministère et n’apprécient ou n’encouragent pas tout ce qui sort de leurs propres intérêts. Par exemple, des assemblées ou des croyants n’ont une vision ou un enthousiasme que pour l’évangélisation au sens le plus étroit du mot et ignorent à peu près l’enseignement et les enseignants. A l’opposé, il y a ceux qui, si cela dépendait d’eux, se concentreraient tellement sur l’enseignement biblique qu’ils transformeraient l’assemblée en école biblique, et n’ont aucun témoignage extérieur agressif. Il est très possible que les deux types ci-dessus s'unissent pour « mépriser les prophéties » (1 Thessaloniciens 5.20) et n'aient pas le temps ou la place à accorder aux dons de prophétie, des langues ou d'interprétation. Cependant, à l’autre extrême, se trouvent ceux qui accordent une telle importance

et une telle valeur indues à ces dons que la liberté et la bénédiction de l'Esprit feront défaut au prédicateur qui n’arrose pas son ministère de ces manifestations. Ils aiment que ces dons se manifestent dans chaque réunion de l’assemblée. Chacun de ces cas se manifeste par un manque sérieux d'équilibre. 

Ce qui est nécessaire, c’est d'apprécier les divers ministères que Christ a placés dans l'Eglise, et de se rendre compte que chacun d’entre eux est essentiel pour une activité et une croissance équilibrées. Pour tout ministère placé par Dieu dans l’église, le plan divin est que chacun serve à corriger et à compléter l’autre, fournissant ainsi les éléments manquants et le frein nécessaire pour rétablir les tendances déséquilibrées d’où qu’elles viennent.    

Paul fait suivre immédiatement sa liste des dons pour le ministère de leur objet: « Jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Ephésiens 4.13). C’est au moyen de ces dons que la nourriture spirituelle nécessaire lui est dispensée, et par eux encore qu'est entretenue son indispensable activité spirituelle. Il s’ensuit donc logiquement que si n’importe lequel de ces ministères fait défaut à l’Eglise, une santé et une croissance spirituelles normales ne pourront régner.

 

Donald GEE  

 

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