LES SOUFFRANCES DE JESUS (17° partie et fin)

  

 

 

LES SOUFFRANCES DE JESUS

(17° partie et fin)

 

 

De la 6° à la 9° heure

 

« Depuis la sixième heure jusqu'à la neuvième, il y eut des ténèbres sur toute la terre. Et vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte: Éli, Éli, lama sabachthani? c'est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? » (Matthieu 27.45-46)

 

Remarquez la brièveté de la Parole de Dieu sur ces instants qui marquent le sommet des souffrances de notre Sauveur. Il y a manifestement une sainte réserve, là encore, de la part du Saint-Esprit, et nous pouvons en tirer une leçon : aborder une telle scène avec retenue et dans le sentiment de la sainteté de ce qui est placé devant nous. Il n’y a pas de place pour le sentimentalisme ; une démarche profondément spirituelle est, par contre, indispensable.

 

En Matthieu 27.45, il est écrit dans le texte grec : « Mais, depuis la sixième heure… » C’est ainsi d’ailleurs que traduit la version Darby. 

Ce petit mot marque une forte opposition, une transition, une coupure avec ce qui précède et ce qui va suivre : le sommet des souffrances expiatoires de Jésus-Christ.

 

Nous assistons à l’accomplissement des paroles du prophète Esaïe : « Il a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance... » (53.10). En cet instant, Jésus-Christ offre son corps, mais aussi son âme en sacrifice pour le péché ; il livre son âme à la mort. C’est aussi l’accomplissement des paroles prophétiques : « A cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards. » (Esaïe 53.11)

 

 

Celui qui est la Parole fait face à un silence total.

 

Les anges n’interviennent plus. Le Saint-Esprit ne parle plus. Les hommes, eux, sont mis de côté. On ne les entend plus durant ces trois heures de ténèbres. Ils n’ont plus rien à dire. Quant à l’enfer, ce sont pourtant trois heures de ténèbres – son domaine de prédilection – il subit là une écrasante défaite. Le royaume de Satan vacille. Il est vaincu à jamais.

Mais… le Père céleste ? En cette heure, il se tait. Il se détourne de son Fils. Jésus-Christ est devant le grand Juge qui ne renonce à aucune des exigences de sa justice et de sa sainteté.  Dieu va déverser sur son Fils bien-aimé – celui qui l’avait toujours glorifié et qui avait toujours accompli sa volonté – tous les flots de sa colère. « Un flot appelle un autre flot au bruit de tes ondées; toutes tes vagues et tous tes flots passent sur moi. » (Psaume 42.8)

Quelle horrible souffrance pour Jésus !

 

 

Le Saint est fait péché

 

Contemplons-le et adorons-le.

 

« Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. » (2 Corinthiens 5.21). 

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous - car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois. » (Galates 3.13)

« Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné, Et t'éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes? » (Psaume 22.2)

 

A cette heure, aucune consolation pour Jésus ! Quand il élevait ses yeux vers le ciel, il n’y rencontrait qu’un trône de jugement et d’une justice inflexible. Un trône entouré d’un nuage de colère.

 

« Je suis l'homme qui a vu la misère sous la verge de sa fureur. Il m'a conduit, mené dans les ténèbres, et non dans la lumière. Contre moi il tourne et retourne sa main tout le jour. Il a fait dépérir ma chair et ma peau, il a brisé mes os. Il a bâti autour de moi, il m'a environné de poison et de douleur. Il me fait habiter dans les ténèbres, comme ceux qui sont morts dès longtemps. Il m'a entouré d'un mur, pour que je ne sorte pas; il m'a donné de pesantes chaînes. J'ai beau crier et implorer du secours, il ne laisse pas accès à ma prière. Il a fermé mon chemin avec des pierres de taille, il a détruit mes sentiers. Il a été pour moi un ours en embuscade, un lion dans un lieu caché. Il a détourné mes voies, il m'a déchiré, il m'a jeté dans la désolation. Il a tendu son arc, et il m'a placé comme un but pour sa flèche. Il a fait entrer dans mes reins les traits de son carquois. Je suis pour tout mon peuple un objet de raillerie, chaque jour l'objet de leurs chansons. Il m'a rassasié d'amertume, il m'a enivré d'absinthe… Tu t'es caché dans ta colère, et tu nous as poursuivis; tu as tué sans miséricorde; tu t'es enveloppé d'un nuage, pour fermer accès à la prière. » (Lamentations de Jérémie 3.1-15, 43-44).

Cette parole, sans nul doute, s’applique directement à la souffrance du prophète, à cause de la ruine de Jérusalem. Elle nous donne une idée de ce qu’un homme fidèle peut éprouver en traversant un tel châtiment de la part de Dieu ; châtiment rendu nécessaire en raison des péchés du peuple. Cette parole revêt une tout autre dimension à la croix. Jésus, le Fidèle, porte sur lui le péché de toute l’humanité.

 

 

Celui qui est la lumière du monde est plongé dans les ténèbres

 

Pourquoi des ténèbres à l’heure de la crucifixion de Jésus ?

« Je suis étendu parmi les morts, semblable à ceux qui sont tués et couchés dans le sépulcre, à ceux dont tu n'as plus le souvenir, et qui sont séparés de ta main. Tu m'as jeté dans une fosse profonde, dans les ténèbres, dans les abîmes. » (Psaume 88.6-7)

Il convient qu’au moment où Dieu met son Fils bien-aimé dans les lieux ténébreux (le jugement sur notre péché), toute la création s’associe à cet acte et soit plongée dans les ténèbres physiques. Une scène unique dans l’Histoire de la terre et du ciel est en train de se dérouler ; tous les êtres et toutes les choses doivent être enveloppés d’un voile ténébreux. Le Dieu juste frappe son Fils. Il se détourne de lui et lui cache sa face. Comment ne pas nous remémorer la communion dont n’a cessé de jouir le Seigneur Jésus-Christ avec son Père, tout au long de sa vie et de son ministère ! Une communion résumée dans une parole extraordinaire : « Personne n'est monté au ciel, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel. » (Jean 3.13)

A ce moment de la croix, Jésus est la victime propitiatoire pour nos péchés. Il est le « serpent d’airain », dressé sur la perche. Il l’avait annoncé : « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle » (Jean 3.14-15). Le Dieu juste et saint ne peut que détourner ses yeux de son Fils et l’abandonner. Tout ce que Dieu est dans sa nature, sainteté, justice, lumière, gloire, majesté, est nécessairement contre le péché. Et à ce moment précis, ce Dieu juste et saint a devant lui son Fils, fait péché pour nous, chargé des péchés de toute l’humanité. Dieu ne peut renoncer à sa nature. Il revendique ses droits à ce Fils unique, et l’abandonne, parce qu’il ne peut faire aucune concession aux exigences de sa justice, de sa sainteté, et de sa gloire que nous, nous avons foulées aux pieds. Mes amis, nous sommes là devant un mystère que nous ne sonderons jamais dans sa profondeur, mais qui est un sujet inépuisable d’adoration.

 

 

La 9° heure

 

15 h pour nous. 

« Jésus s’écria… » Il pousse un cri déchirant, alors que jusqu’ici il avait gardé le silence, sauf pour prononcer quelques paroles sublimes. Ainsi s’accomplit la parole du prophète : « … Il a été maltraité et opprimé, et il n'a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n'a point ouvert la bouche. » (Esaïe 53.7)

Il pousse ce cri au moment où sa souffrance atteint un degré suprême d’intensité. 

 

 

Jésus invoque « Dieu » et non pas le « Père »

 

Tout au long de son ministère terrestre, Jésus-Christ n’avait jamais parlé à Dieu de cette manière. Il s’était adressé au « Père » :

« En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi. » (Matthieu 11.25-26)

« Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit: Père, l'heure est venue! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie… Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût… Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m'as donnés, afin qu'ils soient un comme nous… afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé… Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t'a point connu; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m'as envoyé. » (Jean 17.1, 5, 11, 21, 24, 25)

« Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi: Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux… Il s'éloigna une seconde fois, et pria ainsi: Mon Père, s'il n'est pas possible que cette coupe s'éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite! » (Matthieu 26.39, 42)

« Il disait: Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Marc 14.36)

 

Mais à l’heure de la crucifixion, Jésus dit : « Eli, Eli… », c’est-à-dire « mon Dieu » et non « Père ». A lui seul, ce cri dépeint le moment terrifiant de la rupture de communion avec le Père. 

 

 

Les raisons de l’abandon

 

« POURQUOI m’as-tu abandonné ? ». Nous avons étudié ci-dessus les raisons de cet abandon.

Posons-nous maintenant la question : « Pour qui Dieu l’a-t-il abandonné ? » Pour nous. C’est l’une des réponses à ce « pourquoi » de Jésus. Ce n’est pas la seule réponse ; il en est d’autres plus élevées, plus glorieuses. Toutefois, entendons le message de Dieu, et recevons-le dans un esprit de repentance et de foi : « Cependant, ce sont nos souffrances qu'il a portées, c'est de nos douleurs qu'il s'est chargé; et nous l'avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » (Esaïe 53.4-5)

 

 

Celui qui a été abandonné

 

« Pourquoi M’as-tu abandonné ? » Ce n’est pas un malfaiteur, un brigand qui fut abandonné, nous le comprendrions for bien. Mais c’est le Fils de Dieu ! Pour Jésus-Christ, la souffrance des souffrances, c’est qu’il a été abandonné de son Dieu ; c’est qu’il subissait les coups de la justice de Celui qu’il n’avait cessé de glorifier.

 

Considérons la souffrance de la croix, annoncée prophétiquement. Plusieurs versets du Psaume 88 décrivent les peines et les douleurs dans lesquelles Christ est pleinement entré. Or, il est frappant de retrouver dans ce Psaume, la fréquence des mots « tu », « toi », « te », « ton », « ta », « tes » :

« Que ma prière parvienne en ta présence ! » (v.3)

« Je suis… semblable… à ceux dont tu n’as plus le souvenir, et qui sont séparés de ta main » (v.6).

« Tu m’as jeté dans une fosse profonde » (v.7).

«  Tu as éloigné de moi mes amis, tu m’as rendu pour eux un objet d’horreur » (v.9).

« Parle-t-on de ta bonté dans le sépulcre, de ta fidélité dans l’abîme ? » (v.12).

« Tes prodiges sont-ils connus dans les ténèbres, et ta justice dans la terre de l’oubli ? » (v.13).

« Ô Eternel ! J’implore ton secours » (v.14).

« Je suis chargé de tes fureurs, je suis troublé » (v.16).

« Tes fureurs passent sur moi, tes terreurs m’anéantissent » (v.17).

 

Ainsi nous comprenons l’essentiel de la souffrance de Jésus-Christ dans cet abandon. Dieu lui-même l’infligeait à son Fils. La colère qui se déversait sur Jésus venait de son Dieu.

 

 

La fin des heures de la croix

 

« Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l'Écriture fût accomplie: J'ai soif. Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l'ayant fixée à une branche d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche. Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit. » (Jean 19.28-30)

 

La soif de Jésus.

La soif physique, certes. Mais qui pourra comprendre la soif spirituelle de Jésus ? La soif de quitter ce monde, de retourner au Père, de rentrer dans sa demeure, de goûter les plaisirs de la droite de Dieu. Loin de cette scène de misère, de haine, de péché, de mort.

 

« Tout est accompli ».

 

Le texte original utilise une formule verbale qui n’existe pas en français, qui caractérise un acte accompli une fois, et qui reste accompli, qui se perpétue : « c’est accompli, et reste accompli ».

L’œuvre de la croix a été accomplie parfaitement dans son déroulement.

La valeur de l’œuvre de la croix est éternelle. C’est Jésus lui-même qui le proclame. Quelle sécurité pour nous, face aux faux docteurs qui tordent les Ecritures concernant la pleine et éternelle valeur de l’œuvre de la croix ! Il n’y a rien à y ajouter. 

« Tout est accompli ». C’est un cri de triomphe.

 

La dernière parole

 

« Jésus, ayant poussé un grand cri, expira » (Marc 15.37).

« Jésus s’écria d’une voix forte : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et en disant ces paroles, il expira » (Luc 23.46).

Les crucifiés n’ont plus la force, au terme de leurs souffrances, de parler fort. Il y eut là quelque chose de spécial, de divin, pour Jésus.*

Nous lisons en Genèse 1.31 : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici, cela était très bon ». Ce fut le bilan divin après la création.

« Tout est accompli ». Jésus-Christ vit tout ce qu’il avait fait ; et voici, cela était très bon. Pour la recréation. La rédemption totale de l’homme et de la création était accomplie de façon définitive. « Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, -non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, - avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement. » (Romains 8.19-22)

« Tout est accompli ». Toute la volonté de Dieu est accomplie. Le salut des pécheurs est assuré. La gloire de Dieu est revendiquée.

 

 

Conclusion

 

Quels enseignements pouvons-nous tirer des souffrances de Jésus ? Nous en retiendrons deux. 

Premièrement, l’immensité de son amour envers nous. Paul écrit : « Car l'amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts; et qu'il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. » (2 Corinthiens 5.14-15). Nous répondrons donc à cet amour par notre amour, par un dévouement plus grand, et par un service plus zélé et plus fidèle. Notez bien que Paul écrit « ceux qui vivent », et non « ceux qui servent ». Nous devons rechercher continuellement ce qui glorifie le Seigneur dans tous les secteurs de notre vie, et dans toute notre activité.

Deuxièmement, sachant ce qu’il en a coûté à notre Seigneur Jésus-Christ, ne prenons pas le péché à la légère, mais suivons un chemin de sainteté. C’est pourquoi Paul écrit : « C'est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d'une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu. » (Colossiens 1.9-10).

 

Paul BALLIERE

 

 

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