UNE DYNAMITE
« Vous recevrez une puissance, celle du Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre » (Actes 1.8).
Il y a une certaine fascination dans la puissance, que nous nous tenions, terrifiés, devant les chutes du Niagara, ou que nous observions une puissante locomotive tracter un long train à travers le pays. Dans les formes les plus évoluées de la puissance mécanique, l'élément qui est souvent le plus ravissant est leur silence et leur capacité que ne semble pas accompagner le moindre effort. La puissance qui est parfois inhérente à la personnalité humaine est tout aussi impressionnante, bien que nous ne soyons pas toujours en parfait accord avec ses objectifs ou sa manifestation. Il est impossible d'entendre un discours prononcé par un dictateur sans être vivement conscient de la puissance et du magnétisme que son talent oratoire exerce sur les foules. Il semble tout à fait adéquat d'utiliser l’adjectif dynamique pour décrire sa puissance. Dans d’autres disciplines, nous sommes forcés de reconnaître la puissance émotionnelle que dégage un chanteur ou la supériorité que possède un violoniste virtuose sur son auditoire.
Le grand Créateur semble prendre un plaisir particulier à permettre à l’homme de prendre conscience de la puissance irrésistible qui réside dans la nature même des choses les plus infimes. Les plus petites gouttes de pluie qui tombent sans cesse sur les collines peuvent entraîner par la suite les crues d’un puissant fleuve comme le Mississipi ou le Rhône qui débordera alors de son lit pour dévaster les environs. Les plus doux flocons de neige qui descendent dans le silence le plus absolu peuvent finir par empêcher toute circulation. La puissance se manifeste dans tous les domaines, et le domaine spirituel n’y échappe pas. En réalité, la puissance spirituelle se révélera un jour être la plus grande de toutes.
Mais nous devons faire la différence entre la puissance naturelle qui est utilisée à des fins spirituelles et la puissance qui est d’une essence purement spirituelle. Prenons un exemple : un prédicateur peut fort bien faire appel à des talents naturels, intellectuels et oratoires, consacrés à Dieu. L'Evangile peut être présenté de manière attirante par le chant et la musique. Une activité missionnaire importante peut être placée sous la responsabilité d’une personne qui est particulièrement douée pour l’organisation. Une publicité efficace peut être montée par un talent littéraire et une imprimerie sanctifiés. Toutes ces entreprises sont tout à fait bonnes et font appel à l’usage le plus noble des capacités naturelles et des privilèges que Dieu nous a donnés, mais dans leur essence, ces formes de puissance et de capacité sont identiques à celles que l’on utilise dans les autres disciplines, telles que la politique, les arts, ou le commerce. La seule différence réside dans le fait qu’elles sont consacrées à un objectif religieux et spirituel.
Cependant, il existe une puissance qui est réservée aux chrétiens et qui est d’une nature purement spirituelle. Elle ne peut pas être partagée par les gens qui ne sont pas des croyants. Cependant, même les croyants qui ne possèdent aucun talent naturel peuvent en jouir. Il s’agit de la puissance du Saint-Esprit. Notre propre expérience et connaissance de chrétien rendent aujourd’hui témoignage à sa puissance lorsque nous parlons de l’« onction » qui demeure sur une personne, sur une réunion, ou sur un ministère. Elle est subtile, insaisissable, et parfaitement spirituelle. Et en même temps, elle est si puissante qu’elle transforme des occasions tout à fait ordinaires en des forces qui déterminent la destinée des gens et des mouvements. C’est l’acte authentique de Dieu qui touche la vie des gens. Cette puissance est acquise par la prière et la consécration, et elle peut être tout aussi facilement perdue par l’insouciance. Une fois qu’elle est perdue, aucune dose de capacité naturelle ne peut prendre sa place.
Les moments où cette puissance est généralement absente parmi les chrétiens sont les époques où l'Eglise perd sa capacité à être le sel de la terre et la lumière du monde. En une telle période, cette Eglise créera une multitude d'institutions, de mécanismes, de systèmes d'éducation, et engendrera de la richesse. Cependant, sa seule vraie puissance demeure de nature spirituelle. Les paroles de Jésus sont claires. Il a promis d’accorder la puissance spirituelle à ses disciples après être remonté vers son Père. Cette puissance consisterait en la venue d’une personnalité de nature divine — le Saint-Esprit. La vérité est donc plus profonde qu’une capacité naturelle donnée à des hommes et des femmes consacrés, même si sa manifestation pratique peut revêtir une telle forme. La véritable explication réside dans le fait que la personnalité humaine est habitée par une personnalité divine. C’est le chrétien qui est rempli de l'Esprit, conduit par l'Esprit et revêtu de la puissance de l’Esprit qui possède une puissance vraiment dynamique pour le témoignage.
Nous avons tiré le mot « dynamite » du terme grec « dunamis » qui est utilisé dans Actes 1.8. La puissance de l'Evangile agit parfois avec une force explosive bénie. Un évangéliste enflammé peut fort bien être occupé à « faire sauter à la dynamite des morceaux de pierre dans la carrière du péché ». L'opposition à la Parole de Dieu est parfois aussi dure que le granit et requiert alors la nature explosive de la dynamite pour que la prédication puisse faire son impression. Il y a un grand besoin de la puissance de la dynamite. La puissance suprême est une Personne, et cette personne nous est envoyée. Nous l’accueillons, et dans ce don suprême fait aux chrétiens, nous accueillons la dynamique parfaitement suffisante du Saint-Esprit.
Donald GEE

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