DE GRANDES EMOTIONS DANS L’EGLISE
« Mais si tous prophétisent, et qu’il survienne un infidèle ou un homme non initié, il est convaincu par tous, il est jugé par tous, les secrets de son cœur sont dévoilés, de telle sorte que, tombant sur sa face, il adorera Dieu, et publiera que Dieu est vraiment au milieu de vous. « 1 Corinthiens 14.24-25)
Vous arrive-t-il de connaître de grandes émotions à l’Eglise ? On pourrait penser qu’il s’agit là de la dernière chose que l’on puisse imaginer trouver en un tel lieu. Nous associons souvent les rassemblements de chrétiens avec la solennité et le silence, et tout cela est bien distinct du monde des émotions. Le service religieux ou le culte est devenu un sujet particulièrement apprécié des humoristes qui dépeignent les gens en train de sommeiller ou montrant un intérêt poli jusqu’à ce qu’ils puissent s'échapper de la manière la plus convenable. Rares sont les églises où les gens viennent écouter un prédicateur inspiré qui retient toute leur attention par la seule vertu de son don et de son ministère. La grande majorité des gens ont cessé de se rendre à l’église.
Il faut inculquer aux chrétiens et les encourager à développer ces vertus que sont le respect lors des cultes d’adoration, ainsi qu’un sens certain de la décence et de l’ordre. Cependant, nous devons reconnaître qu’il n’y a pas de conflit entre l’authentique respect et les éléments qui sont d’une importance vitale dans les rassemblements chrétiens et qui peuvent produire de réelles émotions (dans le sens le meilleur et le plus profond du terme). Lorsque nous ressentons la présence de Dieu, à l’église, dans une mesure particulière et distincte, le fait même d’aller à l’église devient l’un des plus riches privilèges de l’existence.
Même le lecteur occasionnel du Nouveau Testament ne peut qu'être frappé par le fait évident que les réunions de l'Eglise primitive possédaient des caractéristiques uniques qui font cruellement défaut dans les réunions ordinaires de l’Eglise d’aujourd’hui. Un abîme presque infini sépare la cathédrale de l’église officielle avec ses vitraux, ses beaux orgues, sa chorale, son clergé en vêtements de service et ses rites préétablis, des groupes aux mœurs simples qui se réunissaient dans les maisons, qu’il s’agisse de celle de Gaïus, d’Aquilas et de Priscille, avec la spontanéité agréable et la fraternité qui les caractérisaient. Mais il n’y a aucun avantage à s’efforcer de reproduire les formes extérieures et simples de cette époque si nous pensons qu’en agissant ainsi, nous retrouverons l’essence du christianisme primitif. L’orgueil et la surdité spirituels peuvent pénétrer à travers une grange ou une cathédrale. « Les réunions ouvertes » produisent souvent des ornières qui sont aussi mortes et détestables que les rites qu’elles se vantent de fuir.
Nous devons pénétrer au cœur même de l'Eglise primitive si nous voulons découvrir le secret de leur adoration. Le secret nous est révélé dans 1 Corinthiens 12 — « à chacun » est accordée une part personnelle dans l’activité spirituelle de l'assemblée, par la vertu des dons spirituels que distribue le Saint-Esprit dans le corps de l’Eglise. Il s’y trouvait des serviteurs de Dieu reconnus tels que les pasteurs et les docteurs, mais il est tout aussi évident que chaque personne présente jouait un rôle plus actif que nous ne le pensons aujourd’hui. Ils avaient tous reçu le baptême dans le Saint-Esprit, et il est fort logique que la puissance de la Pentecôte se soit manifestée par une variété d'opérations spirituelles lorsqu'ils se rassemblaient.
Le fait que l’esprit de prophétie reposait sur l’assemblée sous-entendait qu’une puissance était à l'œuvre, et sondait les cœurs de manière particulière. Chaque prière, psaume ou cantique, chaque témoignage, chaque message possédait un aspect surnaturel, divin, céleste. Les hommes et les femmes qui se réunissaient lors de tels services se sentaient, à la limite, plus au ciel que sur terre. Ils en oubliaient toute notion de temps. Les visiteurs éventuels repartaient de là avec une impression prédominante, celle de la présence de Dieu, car le Saint-Esprit s’y manifestait de manière particulièrement forte.
En plus de cette profonde sensation de la présence divine, l’on expérimentait une conviction de péché inévitable et terrifiante. Comment pouvait-il en être autrement ? On avait l’impression de se trouver, à l’avance, devant le trône du jugement dernier. L’éternité semblait se confondre avec le temps. Il fallait sans doute fort peu de messages personnels à l’adresse des incroyants qui assistaient aux réunions, car le sentiment écrasant de la proximité de Dieu suffisait en lui-même. L’adoration se faisait spontanée et instinctive dans une telle ambiance. Ainsi se déroulaient les réunions dans l’Eglise primitive. Dans l’Ecriture, on ne trouve rien de plus que ce que nous lisons dans 1 Corinthiens 12 et 14. Pourquoi les réunions qui ont lieu dans nos églises, aujourd’hui, devraient-elles être différentes ? Il convient de poser la question avec intensité, sincérité et ardeur. Nous trouvons certainement ici le remède divin au phénomène des assemblées apathiques et sans force.
L'argument selon lequel ces temps-là étaient particuliers et que de telles choses ne sont pas pour aujourd’hui ne trouve aucun soutien dans les promesses de Dieu. Un grand nombre d’entre nous sont convaincus que l’Eglise a perdu le privilège de la jouissance de ces dons surnaturels pour la seule et unique raison que l’amour du plus grand nombre s’est refroidi (Matthieu 24.12). L'Esprit éternel ne change pas. Il peut être attristé ou éteint, mais de telles réactions de la part de l’Esprit peuvent être modifiées par notre repentance sincère. Dans un réveil scripturaire fait de foi et d'amour, nous pouvons nous attendre, en toute assurance, à voir de tels dons se manifester à nouveau.
Lors de mon voyage en Chine, je suis rentré à la maison avec de magnifiques cadeaux que m'ont remis des amis missionnaires. Si j'avais fait preuve d’insouciance et que je les avais perdus, aurais-je pu en inculquer la responsabilité aux donateurs? Nous avons raison de rejeter une telle suggestion. Cependant, il semble que nous ayons une telle attitude en ce qui concerne les dons du Saint-Esprit.
Heureusement, il se trouve de nombreux croyants, dans le monde entier, qui prouvent que l’on peut encore jouir de ces choses aujourd’hui, et la conséquence est que leurs cultes d’adoration et la communion fraternelle qu’ils vivent en a été révolutionnée. Ils expérimentent vraiment de grandes émotions, à l’église, car ils ressentent la présence de Dieu, en voyant les dons de l'Esprit se manifester. Comment s’étonner alors que l’apôtre Paul ait écrit: « Recherchez l’amour. Aspirez aussi aux dons spirituels… » (1 Corinthiens 14.1).
Donald GEE

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