LE PHENOMENE PENTECÔTISTE DANS L'HISTOIRE

  

LE PHENOMENE PENTECÔTISTE DANS L'HISTOIRE

 

Il est bien connu des historiens de l'Église que le phénomène particulier qu'on associe maintenant au Mouvement de Pentecôte s’est produit maintes et maintes fois pendant des périodes de réveil et d'enthousiasme spirituel. On pourrait passer en revue une longue liste de cas où ce phénomène s'est produit mais il suffit de citer une autorité aussi reconnue que l’Encyclopédie Britannique (volume 27, pages 7 et 10, 11ème édition) qui dit que le parler en langues se trouve dans les réveils chrétiens de tous les temps : par exemple chez les Jansénistes et les Quakers (du moins au début), chez les convertis de Wesley et Whitefield, les Protestants persécutés des Cévennes et les Irvingites. Dans « La vie et les lettres de Saint Paul » de David Smith, on-trouve dans les notes sur le don des langues un exposé savant des manifestations relativement récentes de ce phénomène. « Les prophètes des Cévennes à la fin du XVIIème siècle et les Irvingites au début du XIXe sont les exemples les plus frappants du don des langues dans les temps modernes ». Au sujet du second de ces mouvements qui partit de l'Écosse, il continue en disant : « Les dons, particulièrement la prophétie et les langues, continuèrent et se développèrent, et la renommée de ces signes merveilleux se répandit au loin et des visiteurs vinrent de partout vers ces deux demeures. L'un d'eux était Thomas Erskine, un homme plein de sagesse et de sainteté qui, après être resté six semaines avec ces gens, publia le témoignage suivant : « Je ne vois rien dans les Ecritures qui s'oppose à la réapparition où plutôt à la continuation des dons miraculeux dans l' Eglise, mais je vois bien des choses en sa faveur, et je dois dire qu’en plus, je vois dans l'Ouest de l'Écosse bien des preuves du caractère authentiquement miraculeux de ces dons, particulièrement dans le  parler en langues.  

Après avoir vu ce que j'ai vu parmi ces gens, je ne peux pas imaginer sans éprouver une grande inquiétude que quelqu'un puisse les condamner comme étant des imposteurs. On ne peut certainement pas croire et accepter cela à la légère. Je crois que cela vient de Dieu ».  

 

Il est vrai que Smith ne s'arrêta pas là ; il raconte que certains développements ultérieurs, surtout dans la communauté qui s'était regroupée autour d'Edgard Irving obligèrent Erskine à nuancer son approbation jusque-là sans réserve. Mais même alors Erskine ne remit pas en question les dons eux-mêmes, mais plutôt le mauvais usage qu’on en faisait. C’est ce que Paul lui-même, fut obligé de faire à cause du mauvais usage de ces dons à Corinthe. « Mais ils réapparaîtront sûrement, dit Erskine, quand Dieu aura préparé les hommes à les recevoir ». Cette phrase semble prophétique. 

 

 

Le langage plein de prudence de la théologie reconnaît que ni l’Ecriture, ni la logique, ni l’histoire ne fournissent d’argument convaincant contre la continuation, dans l’Eglise actuelle, des phénomènes pentecôtistes, tels qu'ils existaient dans l’Eglise Primitive. De grands leaders de la pensée et de l’œuvre chrétienne tels John Wesley, William Booth et d’autres ont affirmé publiquement et sans crainte leur conviction à ce sujet. Il est très bon d'aspirer aux manifestations de l’Esprit, et l'Église ne cesse de jouir de ses dons qu'à cause de sa propre tiédeur

et de son incrédulité et non pas parce Dieu les retire arbitrairement comme étant inutiles à notre époque.

 

Une situation de réveil spirituel semble être une des conditions essentielles à leur réapparition : c'est sûrement un bon point en leur faveur. Celui qui se penche sur une étude historique des apparitions de phénomènes tels que le parler en, langues et autres dons de l'Église, peut être amené à attribuer certains de leurs aspects à une simple émotion naturelle aiguisée par une vive expérience religieuse. Même si c'est le cas, il convient du moins, si l'on est honnête, d'approuver le jugement de Conybeare, que l’on trouve dans ses notes accompagnant sa traduction de 1 Corinthiens 14 : "Si, déclare Conybeare, les paroles incohérentes résultant d'une joie mystique, sont suivies, comme c'est le cas, pour certains convertis de Wesley, d'une vie de sainteté et de consécration, nous devons réfléchir avant d’émettre l’hypothèse qu’elles n’ont rien à voir avec l’expérience des chrétiens de Corinthe. Beaucoup d’entre nous sont prêts à aller beaucoup plus loin. On ne peut accepter moins, si ce n’est par préjugé, et c’est inexcusable ».

 

Donald GEE

 

 

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