LA FAIBLESSE, ARME DE DIEU (3° partie)

   

LA FAIBLESSE, ARME DE DIEU

(3° partie)

 

 

NOTRE FAIBLESSE : UNE FORCE  

 

Francis de L. Booth Tucker, jeune et brillant officier, occupait un poste élevé dans le service civil de l’Inde. Son avenir était très prometteur. Mais, ayant rencontré le Christ, il avait décidé de se plier à ses exigences. Dégoûté de son égocentrisme, il aspirait à aider moralement et spirituellement la population malheureuse qui l’entourait. Ayant entendu parler de l'Armée du Salut récemment fondée, et impressionné par la manière dont ce mouvement arrivait à pénétrer dans les classes défavorisées, il donna sa démission, se rendit en Angleterre pour se lancer corps et âme dans le nouveau mouvement. Après un temps de formation, il retourna en Inde comme missionnaire au service de l’Armée du Salut. Ce- pendant, malgré des efforts acharnés, il n’arrivait pas à entrer en contact avec les déshérités de ce pays. Il avait échoué : il était incapable de mener à bien la tâche pour laquelle il avait tout sacrifié.  Après avoir prié intensément, Tucker décida d’adopter le costume des indigènes, de se munir d’un bol pour aller mendier à la manière de leurs saints, et de vivre de ce que ces pauvres gens voudraient bien lui donner.    

 

Tucker se mit en route, en plein été avec un compagnon, sillonnant nu-pieds les routes brûlantes. Les indigènes, qui n'avaient jamais porté de chaussures, étaient naturellement aguerris contre la chaleur. Mais nos deux voyageurs ne tardèrent pas à souffrir atrocement de leurs pieds couverts d’ampoules. Arrivés près d’une agglomération au moment le plus torride de la journée, ils espéraient trouver un peu d’eau et de nourriture ; mais l’entrée du village leur fut interdite. Brisés de fatigue et de découragement, ils s’étendirent à l'ombre d’un arbre et s’endormirent profondément. Pendant leur sommeil, quelques personnes s’approchèrent par curiosité. Un homme, étonné de voir leurs pieds ensanglantés, remarqua : « Ces hommes doivent s’intéresser sincèrement à nous pour ne pas craindre de souffrir à ce point pour nous apporter leur message ! Ils sont certainement bons et nous les avons maltraités. » Quand les missionnaires s'éveillèrent, ils furent invités au village où, après avoir soigné leurs pieds meurtris, on leur servit un repas. C’est alors seulement que leur fut offerte l’occasion tant attendue d'annoncer l'Evangile aux membres de cette tribu. Le réveil ne tarda pas, s'étendit et toucha vingt-cinq mille personnes. 

 

Ce n’est pas grâce aux qualités incontestables de Tucker que le cœur de ces gens s’est ouvert, mais bien à cause de sa faiblesse extrême. Devenu faible, c’est alors qu’il était fort. Sa faiblesse devint l’arme que la puissance de Dieu allait utiliser.

 

Oswald SANDERS 

                             

Écrire commentaire

Commentaires: 0