LE REVOIR DANS LE CIEL,
RECONNAÎTRONS-NOUS NOS BIEN-AIMES ?
Beaucoup de personnes sont troublées par la crainte de ne pas reconnaître leurs bien-aimés dans le ciel. Elles s'imaginent que la disparition de l’ancien corps de chair pourrait être un obstacle à cette reconnaissance. Une telle crainte est absolument vaine, et nous croyons qu'il est facile de le prouver par l'Ecriture. L'essentiel de la personnalité n’est pas dans notre enveloppe charnelle, vouée à la décrépitude et à la mort, mais c’est bien plutôt notre esprit, cet « homme intérieur qui se renouvelle de jour en jour ». Une personne peut souffrir et vieillir dans son corps, tandis que son esprit demeure aussi jeune et alerte que jamais. C'est cette personne-là que nous retrouverons dans l’autre monde. Ici-bas déjà, nous pouvons reconnaître quelqu'un sans le voir en face. Marie-Madeleine reconnut Jésus à sa voix, au moment où les yeux pleins de larmes, elle ne pensait pas à se tourner vers lui, Jean 20.16. Au téléphone, nous savons très bien à qui nous parlons, et l’écriture d’une personne connue ne nous trompe pas.
Il est évident que les anges, bien que n’ayant pas de corps, possèdent une personnalité distincte. Nous savons les noms de Michel et de Gabriel — ainsi d’ailleurs que de Satan. Dans les visions de Daniel ou de Jean, les anges parlent et agissent de façon tout à fait personnelle. — D'autre part, la Bible mentionne bien des personnalités qui survivent dans l'au-delà : Jacob dit qu'il descendra vers son fils au séjour des morts, Gen. 37.35. Samuel revient parler à Saül, 1 Sam. 28. 15. David déclare qu'il ira rejoindre l'enfant qu’il a perdu, 2 Sam. 12.23. Moïse et Elie sont reconnus sur la montagne de la transfiguration, Luc 9.28. Abraham, Lazare et le mauvais riche conversent dans l’autre monde, Luc 16.23-28. Dieu tient pour vivants Abraham, Isaac et Jacob, Mat. 22.32. Le Christ ressuscité oblige en quelque sorte ses disciples à le reconnaître, bien que revêtu de son nouveau corps : « Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi; touchez-moi et voyez... », Luc 24.39. Ailleurs, Jésus ajoute que nous verrons Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, Luc 13.28. Paul écrit aux Thessaloniciens : « Qui est en effet notre espérance, ou notre joie, ou notre couronne de gloire ? N'est-ce pas vous aussi, devant notre Seigneur Jésus, lors de son avènement ? » 1 Thess. 2.19. Et il ajoute aux Corinthiens : « Nous sommes votre gloire, de même que vous serez aussi la nôtre au jour du Seigneur Jésus », 2 Cor. 1.14. Comment Paul pourrait-il écrire ainsi s’il n'avait pas la certitude que ses enfants spirituels et lui se retrouveraient et se reconnaîtraient en la présence de Dieu? D'autre part, pour empêcher les Thessaloniciens de s’affliger comme ceux qui n’ont point d'espérance, Paul leur affirme que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts, 1 Thess. 4.13-14, 18. Or, quelle consolation apporterait la perspective de ne pouvoir reconnaître les siens ? Il n'est pas de pire solitude que d'être perdu dans une grande ville au milieu d’une foule d’inconnus. Ne serait-ce pas affreux d'être dans l'immense cité céleste, environné de myriades de rachetés, en se disant sans cesse : « Là, dans cette foule, se trouvent quelque part mes bien-aimés. Je les ai sans doute frôlés bien des fois, mais sans les reconnaître ! Où sont-ils donc, et comment parvenir jusqu’à eux ? » Une telle situation serait absurde et désespérante. Non, nous nous reconnaîtrons dans l'autre monde, et non seulement nous retrouverons les nôtres, mais ferons de nouvelles connaissances. Quel bonheur ce sera de rencontrer les patriarches, les prophètes, et les apôtres qui nous ont fait tant de bien par leur exemple et leurs écrits ! Quel privilège de voir David, Paul, Jean, et tant de héros de la foi de tous les temps ! Souvent, sur la terre, nous éprouvons la vérité de cette parole: « Voici, oh! qu'il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble !... Car c’est là que l'Eternel envoie la bénédiction, la vie pour l’éternité », Ps. 133.1, 3. La réunion des enfants de Dieu est pour nous comme un avant-goût du ciel. Mais, hélas, parfois des difficultés surgissent — et de toute façon il nous faut toujours songer au départ. Dans le ciel, la réunion sera parfaite et éternelle, comme aussi la bénédiction qui y est attachée.
René PACHE

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