7. La perfection.
Depuis la chute, tout est imparfait ici-bas. Bientôt viendra ce qui est parfait, 1 Cor. 13.10. Les esprits des justes parviennent à la perfection, Hébr. 12.23. « Celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ », Phil. 1.6. « Le Dieu de toute grâce… vous perfectionnera lui- même », 1 Pi. 5.10. Nous sommes dès maintenant enfants de Dieu: bientôt, « nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur », 1 Jean 3. 2-3.
Ce n’est pas sur la terre que nous atteignons cette perfection entière, car ici il nous reste toujours quelque progrès à réaliser, Phil. 3.12-14. Dieu n’a pas permis d’autre part que les héros de l'Ancienne Alliance parviennent sans nous à la perfection, Hébr. 11.39-40. Nous recevrons tous ensemble ce couronnement de notre vie spirituelle à l’avènement du Seigneur. L'idée de la perfection implique aussi, croyons-nous, que notre personnalité parviendra dans le ciel à son total épanouissement. Sur la terre, rares sont ceux qui peuvent mettre en valeur tous leurs dons. Que d'enfants très intelligents n’ont jamais eu la chance d'étudier, que d'hommes vraiment capables n’ont jamais trouvé l’occasion d'utiliser toutes les ressources qui sommeillaient en eux! Un jour, pour les croyants, toutes ces richesses seront pleinement manifestées et utilisées. Pour l'instant, nous ne sommes encore que des enfants; alors, nous parviendrons à la maturité et à la plénitude de « l’homme devenu parfait en Christ » (voyez Eph. 4.13-14; Col. 1. 28).
Répondons ici à une question souvent posée : les enfants morts tout jeunes seront-ils encore des enfants dans le ciel ? Aucun texte ne permet de le dire — au contraire, nous semble-t-il. En quittant ce monde, aucun de nous ne peut se vanter d’être déjà parvenu à la perfection, à la mesure totale de la stature de Christ. Nous venons de le remarquer, ce qui manquera à ce plein développement nous sera accordé par la grâce divine au retour de Christ. Tous nous lui serons faits semblables, farce que nous le verrons tel qu’il est. Nous aurons tous un corps parfait, semblable au corps de sa gloire, Phil. 3.21. Ce miracle de pleine maturation physique et spirituelle ne sera en somme guère plus grand pour le Seigneur, s’il s’agit d’une personne plus jeune ou plus âgée. Dieu sait parfaitement tout ce qu'il a mis en germe dans une personnalité créée, et il a promis de rendre parfaite son œuvre pour le jour de Jésus-Christ, Phil. 1.6. S'il faut arguer quelque chose du silence de l’Ecriture, remarquons qu'aucune description biblique ne nous montre des enfants jouant dans les célestes parvis.
8. L'amour.
Si le ciel est la présence de Dieu, il aura toutes ses perfections. Il sera en tout cas le séjour du parfait amour. On demandait à un petit garçon ce qu'était le ciel. Sa réponse fut : l'endroit où tout le monde aime tout le monde ! Les prophéties, les langues, la connaissance prendront fin, tandis que l'amour ne périt jamais, 1 Cor. 13.8. Dieu lui-même est amour, et il en remplira le ciel tout entier. Le secours de son Esprit nous sera donné pour connaître l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que nous soyons remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu, Eph. 3.18-19. Qu'il sera merveilleux de pouvoir enfin aimer Dieu parfaitement, lorsque sera totalement accomplie la prière de Jésus : « Je leur ai fait connaître ton nom... afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et que je sois en eux », Jean 17.26.
9. La joie.
Dès ici-bas, le fruit de l'Esprit, c’est l'amour, la joie, la paix. Combien plus en sera-t-il ainsi dans la présence de Dieu ! La joie est la caractéristique du croyant, et un croyant triste est un triste chrétien. C’est pourquoi nous lisons : « Je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre... Réjouissez-vous plutôt et soyez à toujours dans l’allégresse À cause de ce que je vais créer; car je vais créer Jérusalem pour l’allégresse, et son peuple pour la joie. Je ferai de Jérusalem mon allégresse, et de mon peuple ma joie… L'Eternel met son plaisir en toi… ainsi tu feras la joie de ton Dieu… Les rachetés de l'Eternel retourneront, ils iront à Sion avec chants de triomphe, et une joie éternelle couronnera leur tête; l’allégresse et la joie s’approcheront, la douleur et les gémissements s'enfuiront », Es. 65.17-19 ; 62.4-5 ; 35.10.
Si de telles promesses se réalisent en grande partie lors de la restauration terrestre d'Israël, qu’en sera-t-il dans la Jérusalem céleste ? « Pousse des cris de joie, fille de Sion! Pousse des cris d’allégresse, Israël ! Réjouis-toi et triomphe de tout ton cœur, fille de Jérusalem! L’Eternel a détourné tes châtiments… l'Eternel, ton Dieu, est au milieu de toi comme un héros qui sauve ; il fera de toi sa plus grande joie; il gardera le silence dans son amour ; il aura pour toi des transports d’allégresse », Soph. 3.14-17. Si la joie de Dieu éclate d’une telle manière, comment celle des élus ne serait-elle pas parfaite ?
C’est d’ailleurs la volonté du Seigneur à notre égard : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite », Jean 15.11.
Il n'est pas trop de dire que la joie est le climat même du ciel. Lors de la création, « les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse, et… tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie », Job 38.7. « Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent, Luc 15.10. « Il y a d’abondantes joies devant ta face, des délices éternelles à ta droite», Ps. 16.11. Bientôt se lèvera le jour du bonheur éternel, où nous pourrons enfin nous écrier : « Alléluia ! Car le Seigneur notre Dieu tout-puissant est entré dans son règne. Réjouissons-nous et soyons dans l'allégresse, et donnons-lui gloire, car les noces de l’Agneau sont venues... », Apoc. 19.6-7. « Poussez vers l'Eternel des cris de joie... Servez l'Eternel avec joie, venez avec allégresse en sa présence… Entrez dans ses portes avec des louanges », Ps. 100.1-4. « Réjouissez-vous... de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra », 1 Pi. 4.13. Ici-bas, il nous est difficile de nous « réjouir toujours dans le Seigneur », comme nous y invite l’apôtre Paul, Phil. 4.4. Mais dans le ciel, notre joie sera sans crainte ni arrière-pensée. Elle sera aussi parfaite et éternelle que celle de Dieu lui-même.
10. La consolation.
Si nous jouissons d’une telle joie, c’est que notre cœur sera pleinement consolé de toutes les souffrances d’ici-bas. Cette consolation nous est constamment promise par l’Ecriture. « Heureux les affligés, car ils seront consolés », Mat. 5.4. Dieu est appelé « le Dieu de toute consolation », 2 Cor. 1.3. « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu... Cieux, réjouissez-vous ! Terre, sois dans l'allégresse ! Montagnes, éclatez en cris de joie! Car l'Eternel console son peuple, Il a pitié de ses malheureux... Vous serez portés sur les bras, et caressés sur les genoux. Comme un homme que sa mère console, ainsi je vous consolerai », Es. 40.1; 49. 13; 66.12-13. Transporté par les anges dans le sein. d'Abraham, le pauvre Lazare y est aussitôt consolé, Luc 16.22, 25. Et dans la sainte cité, Dieu « essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu », Apoc. 21.4. Comment ne serions-nous pas dès maintenant soulagés dans nos souffrances par de si consolantes perspectives ?
11. Le bonheur parfait.
Est-il besoin de dire qu’au ciel tous nos désirs seront satisfaits, et que nos cœurs déborderont de la plus parfaite félicité ?
Neuf fois Jésus proclame heureux ceux qui souffrent et vivent ici-bas selon sa loi, Mat. 5.3-11; que dira-t-il des vainqueurs admis pour toujours dans la présence du Seigneur ? « Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection !… Celui qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux; ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, et le soleil ne les frappera point, ni aucune chaleur. Car l’Agneau qui est au milieu du trône les paîtra et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux », Apoc. 20.6; 7.15-17.
12. L’éternité.
Ici-bas, tout est limité par le temps. Tout commence et tout finit. Nous souffrons de voir les plus belles choses ne durer que l’espace d’un matin — et nous voudrions souvent arrêter le vol rapide des heures. D'autres fois, nous aimerions au contraire supprimer les délais qui rongent notre vie fugitive, et faire tourner plus vite nos horloges. Sur la terre, et dans la vie moderne toujours plus, nous sommes harcelés par le manque de temps. L'homme est insatiable d'action, de jouissance, de possession. Si les jours étaient de quarante-huit heures, il en réclamerait aussitôt de quatre-vingt-seize ! Force nous est donc pour l'instant d'accepter avec philosophie cette limitation, et, faute de temps, de laisser tomber tant de choses qui nous passionneraient. Le mieux que nous puissions faire est de « racheter le temps », de « bien compter nos jours » puisque nous en avons si peu, Eph. 5.16; Ps. 90.12.
Par contre, quel soulagement et quelle joie de penser que, dans le ciel, il n’y aura plus de temps, plus de hâte, plus de délai, plus de perte ni de manque de temps, plus d'interruption brutale des moments les plus beaux, car tout sera devenu à l’image de l’Eternel :
Les élus jouiront de la vie éternelle, Jean 3.16
Ils régneront aux siècles des siècles, Apoc. 22.5
Ils ne seront plus séparés de Dieu à jamais, 1 Thess. 4.1 ; Rom. 8.38-39.
René PACHE

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